Une baisse de pension brutale pourrait bientôt frapper des millions de retraités du privé. Alors que les pensions de base ont connu une légère hausse, les pensions complémentaires Agirc-Arrco risquent au contraire de diminuer. Une situation inquiétante qui touche directement le portefeuille de nombreux Français. Êtes-vous concerné ? Voici ce qu’il faut savoir.
Pourquoi les pensions Agirc-Arrco ne sont pas revalorisées en janvier
Les pensions de retraite de base sont traditionnellement revalorisées au 1er janvier. En 2024, cette hausse a été de seulement 0,9 %, juste assez pour compenser une partie de l’inflation.
Mais la situation est bien différente pour les pensions complémentaires Agirc-Arrco. Ces dernières sont revalorisées chaque année au 1er novembre. Or, en 2023, les partenaires sociaux en charge de ce régime ne sont pas parvenus à un accord sur la revalorisation. Conséquence immédiate : les pensions sont restées gelées.
Une nouvelle hausse de la CSG en ligne de mire
Si l’absence d’augmentation est déjà un coup dur, une seconde mauvaise surprise attend certains retraités en mars prochain : la hausse de la contribution sociale généralisée (CSG).
La CSG est un impôt prélevé sur les pensions de retraite, avec différents taux en fonction des revenus :
- 0 % : exonération pour les plus modestes
- 3,8 % : taux réduit
- 6,6 % : taux médian
- 8,3 % : taux normal
Le problème vient du fait que ces tranches de revenus bougent moins vite que les pensions. En 2024, les pensions de base ont été revalorisées de 5,3 %, mais le barème de la CSG n’a grimpé que de 1,8 %. Résultat : de nombreux retraités vont “sauter de tranche”.
Comprendre les nouveaux seuils de CSG applicables en 2026
La hausse de la CSG repose sur le revenu fiscal de référence (RFR) de 2024, visible sur l’avis d’imposition reçu en 2025. Voici les seuils à surveiller :
| Parts fiscales | CSG à 0 % | CSG à 3,8 % | CSG à 6,6 % | CSG à 8,3 % |
|---|---|---|---|---|
| 1 part | ≤ 13 048 € | 13 049 € – 17 057 € | 17 058 € – 26 470 € | > 26 470 € |
| 1,5 part | ≤ 16 530 € | 16 531 € – 21 611 € | 21 612 € – 33 536 € | > 33 536 € |
| 2 parts | ≤ 20 014 € | 20 015 € – 26 165 € | 26 166 € – 40 604 € | > 40 604 € |
Par exemple, un retraité seul qui dépasse 26 470 € de RFR en 2024 passera au taux normal de 8,3 % à compter de 2026.
Une baisse brutale en mars 2026
Le changement de taux de CSG ne sera appliqué qu’à partir de mars 2026. Pourtant, le nouveau taux devrait s’appliquer dès janvier. Que se passe-t-il dans ce cas ?
Voici ce que vivent les retraités concernés :
- En janvier et février 2026, le prélèvement est basé sur l’ancien taux
- En mars, Agirc-Arrco applique le nouveau taux et prélève en une fois la différence due pour les deux mois précédents
Conséquence directe : une baisse nette soudaine de la pension en mars. Pour certains retraités, ce montant peut représenter plusieurs dizaines voire centaines d’euros.
Comment anticiper l’impact sur votre pension
La meilleure façon de s’y préparer est de consulter votre avis d’imposition 2025. Recherchez-y le revenu fiscal de référence de 2024 et comparez-le au tableau des tranches.
Si vous approchez d’un seuil, il peut être utile d’analyser vos sources de revenus ou vos options fiscales. Un conseiller en gestion de patrimoine peut aussi vous aider à prévoir les effets sur votre trésorerie.
Pourquoi cette situation suscite-t-elle autant d’inquiétude ?
Parce qu’elle touche deux leviers essentiels pour les retraités :
- L’absence de revalorisation de la pension complémentaire
- Une hausse inattendue de la fiscalité sur leurs revenus
Pour beaucoup, cette double peine arrive après une année marquée par l’inflation et des tensions sur le pouvoir d’achat. C’est pourquoi il est essentiel de vérifier maintenant si vous êtes concerné.
Plus vous anticipez, mieux vous pouvez limiter l’impact sur vos finances personnelles. Même une petite hausse de CSG peut peser lourd sur le long terme.





